Soins infirmiers, santé mentale, trauma en contexte d’occupation

Le 2 juin 2026 à 13h30, à l’Université de Montréal, l’Équipe de recherche ÉRASME a eu l’honneur d’accueillir Dr Sana Mahmoud Hasan Al Aqqad du Ministère de la santé en Palestine et professeure à l’École d’infirmier.es et de sage femmes Ibn Sina College (ISC) de Naplouse en Cisjordanie.

La présentation a porté sur le rôle des soins infirmiers dans le contexte d’occupation actuel, les enjeux santé mentale et de trauma, ainsi que le partenariat international.

Lettre ouverte

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INTERVENTION C.A.R.E. (Connexion, Action, Resistance, Empowerment)

Réponse à l’événement

Un courriel à la mer, bien reçu

Cet après-midi, dans Côte-des-neiges, sur le campus de l’Université de Montréal, nous avons eu l’honneur de rencontrer professeure Sana Al-Qaad, arrivée quelques jours plus tôt de Cisjordanie.

Sana nous a partagé son quotidien comme enseignante qui doit passer des heures aux Check-points pour retrouver sa salle de classe et celui de ses étudiants en soins infirmiers. Elle nous a raconté les horreurs vécues, sensibilisés à la réalité des victimes et à celle des témoins. Elle nous a confié la fatigue, la fatigue de la résilience, comme elle la nomme mais qui, comme la peur, ne se nomme pas aux étudiants. La difficulté de répondre aux questions et à la colère légitime des étudiants et la résilience qui s’impose toujours parce qu’il n’y a pas d’autre option.

Sana nous a raconté ce courriel reçu, d’une parfaite inconnue ou presque, contact interposé de l’Université de Montréal. Un désir d’être en lien qui se manifeste, une présence qui apparaît, Sana raconte un stress qui diminue, une dépression qui s’atténue. Un timing qui n’aurait pas pu tomber mieux.  Des rencontres qui s’organisent, des interlocutrices qui suivent de près l’actualité pour bien comprendre ce qui se passe sur le terrain, une confiance qui s’installe, un souci de l’asymétrie et l’humanité comme common ground. Un guide est né de cette collaboration, un guide pour accompagner et soutenir les aidants. Sa création n’était pas un objectif convenu mais en le lisant, on comprend qu’il ait émergé de cette collaboration : il met en lumière et reconnaît la noblesse des actes de résistance. On y découvre Sumud, la pratique palestinienne de résistance: resistance through ordinary acts.

Notre conférencière nous a rappelé que de planifier l’avenir est un luxe mais aussi une nécessité, comme un refus de voir le futur s’effacer, il faut continuer de se projeter même si on ne sait pas de quoi sera fait demain. Cette affirmation fait écho aux propos de ses collaboratrices, pour elles, il est convenu que cette relation est là pour durer, s’inscrire dans le temps, c’est un engagement.

Je suis repartie si reconnaissante de cette rencontre marquante avec Sana, cette collaboration généreusement partagée et d’avoir pu être témoin de ces échanges, ces rapprochements avec les personnes présentent (zoom et salle). Quelle chance qu’ERASME puisse nous permettre ces solidarités, ces rencontres et puisse compter sur des chercheurs.es qui tissent ces liens dans la durée.

Des pensées pour Loraine Guay, grande militante pour la Palestine et longtemps coordonnatrice d’ERASME, je crois qu’elle serait bien heureuse de voir cette alliance se poursuivre au sein de notre belle équipe de recherche.

Sana a conclu sa présentation en nous rappelant que: « L’espoir n’est pas un sentiment mais une pratique », continuons de pratiquer.

Merci pour tout. 

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